Sororité kesako ?

Ces dernières décennies, le terme sororité refait abondamment surface.

Mais attention! Pas encore dans les écoles!

Plutôt dans les gymnases, dans les universités et dans les rangs des femmes engagées pour leurs droits. Ce qui donne à ce mot, en somme si banal, qu’on retrouve selon Wiki déjà au 16e siècle, une connotation évidente de politisation, engagement, passion et poings sur la table.

Dans la lutte actuelle pour ou contre les genres se trouve, somme toute, un besoin fondamental, et même viscéral, d’appartenance. Faire partie d’un groupe de gens est, à mon sens de personne lambda qui n’a fait aucune étude en ce sens et qui s’octroie simplement le droit de jeter une opinion sur un blog que celles et ceux qui le souhaitent liront, un réflexe. D’autant que dans nos contrées se revendiquer faisant partie du clan de la famille X ou de l’église Y n’a plus vraiment l’importance présente autrefois. Certainement parce que ces clans privilégiaient le genre masculin.

Imaginez-vous être une fillette dans une école de filles dans les années 50 en pleine querelle de cour de récré ou sinon des sœurs qui jouent ensemble dans leur chambre un samedi après-midi et qui se bagarrent un jouet. Et la surveillante ou la maman de vous dire “soyez fraternelles les unes envers les autres”….!!! C’est un tel non-sens que c’en est presque drôle (en 2020)
[“sororales” serait le mot de circonstance…]

Difficile dans ces conditions de ne pas lever le poing et se battre pour ses droits!
Alors que si dès le plus jeune âge de nos enfants, en plus de corriger l’orthographe et la grammaire, on corrigeait aussi la syntaxe de nos phrases, les choix et la position professionnelles des femmes ou leur salaire serait certainement un moins gros débat.

J’entends d’ici les voix s’élever : c’est trop compliqué… on est habitué comme ça…. etc etc.

C’est vrai, après tout, ce post n’est qu’un avis. Le mien. Et bien que je sois triste d’entendre nos patrons et dirigeants nous parler à coup de “c’est nous qu’on…”, “si j’aurais su…” et autres “ils zakav…” (pardon, mais cette tournure, je n’ai jamais réussi à l’envisager par écrit 😜 )  je garde l’espoir de ne pas être seule dans ma position.

Malgré le fait d’être fille unique (j’ai deux demi-soeurs et un demi-frère mais ça c’est une autre histoire), j’ai la chance de faire partie de plusieurs sororité “officielles” dans le sens où on leur a donné un nom qui dure malgré les événements de la vie. La première, toujours d’actualité, date d’il y a un peu plus de 20 ans. Le nom du clan ? Les Charlie’s Angels. Notre stammtisch était le restaurant le Charlie’s à Vevey 😊 5 filles : Michèle, Anne-France, Françoise, Véronique et moi-même.

Au début on se voyait une fois pas semaine pour manger ensemble. C’était facile et possible parce qu’on travaillait toutes pour le même patron. On partageait tout, de la peine de cœur aux joies suprêmes. Ensuite au gré des mariages, naissances, déménagements et changement de vies professionnelles, une fois par mois. Et aujourd’hui après les divorces, décès, voyages, remariages et autres, nous nous voyons une fois par an. Mais nous sommes toujours là. 20 ans après!

Entraide. Soutien. Partage. Présence. Son les piliers de la sororité.

Depuis quelques années, j’ai découvert que ces piliers de la sororité peuvent aussi se développer efficacement dans la vie professionnelle. C’est là que je suis entrée dans une nouvelle sororité avec Muriel, Lina, Nathalie, Alessandra mais aussi Michèle, Tiziana, Raffaella, Alexandra, Aurélie, Steffi, Khadija, Angela, Séverine, Alexia, Veronica, Chiara, Maria do Carmo, Régine, Sandra, Elida, Tania, Dominique, Lissu, Emilie……… et les centaines d’autres!

En d’autres termes, ce que je voulais partager aujourd’hui c’est qu’à mon sens la sororité n’a pas qu’une connotation politisée ou du moins, la revendication de droits fondamentaux ne devrait pas être la seule signification du mot sororité.

Alors bien sûr quand j’étais adolescente se faire siffler dans la rue en rentrant de l’école par les hommes des chantiers de l’âge de nos pères ou se faire mettre violemment la main aux fesses par un illustre inconnu qui riait grassement avec ces copains après son “exploit” était tout à fait courant et ne méritait aucun égard de la société.

Aujourd’hui, et heureusement que c’est ainsi, les femmes clament haut et fort les injustices subies et changent petit à petit des règles patriarcales qui semblaient immuables jusqu’alors.

Je pense que le jour où on enseignera aux enfants que le respect d’autrui, quelque soit son genre, passe aussi par l’apprentissage que le féminin de fraternité c’est aussi sororité la vie de nos fillettes adultes sera encore meilleure que le notre et ce sans forcément passer par l’agressivité d’un hashtag vengeur.

Quoi que… l’avenir nous le dira.

À très bientôt                      

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2 réflexions sur “Sororité kesako ?”

  1. Christina Chanal

    J’ai 42 ans & ai appris qu’il existait ce terme l’année dernière. Je suis pourtant rebelle et cultivée mais pourtant, 40 ans passé dans cette ignorance, ça m’énerve presque. Ce qui en revanche me rassure, c’est de partager avec les femmes qui m’entourent et sentir que ça change. Surtout maintenant. La crise actuelle va obliger le monde à se reconstruire, comme après une guerre. Et il paraît que ce sont toujours les femmes qui reconstruisent après la guerre puisque les hommes disparaissent. Alors créons quelque chose de différent. Pour nous d’abord, et avec les hommes 🙏 humanité, fraternité et maintenant nous ajoutons la sororite. Le monde sera plus équilibré 🙏🌈

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